Lorsque le Dr Gordon Hasick, chiropracteur et spécialiste NUCCA (National Upper Cervical Chiropractic Association), examine la sclérose en plaques, il y voit bien plus qu'une simple maladie neurologique : il perçoit la capacité innée du corps à guérir lorsque l'alignement, le mode de vie et l'état d'esprit sont en harmonie. Mathew Embry s'entretient avec le Dr Hasick pour explorer la science de l'inflammation, le lien entre les traumatismes crâniens et cervicaux et la SP, et pourquoi une véritable guérison commence souvent avant même la prise de médicaments.
Matthew : Qu’est-ce que la NUCCA exactement et pourquoi les personnes ayant des troubles neurologiques devraient-elles s’y intéresser?
Dr Hassik : NUCCA signifie National Upper Cervical Chiropractic Association (Association chiropratique nationale du haut de la colonne cervicale). Ses origines remontent au Dr Ralph Gregory, à Monroe, au Michigan. La chiropratique a toujours accordé une grande importance à la région cervicale supérieure, qui est cruciale sur le plan neurologique.
Matthew : Pour les gens qui ne savent pas trop ce que signifie « cervical supérieur », de quoi parle-t-on exactement?
Dr Hassik : Il s’agit de la zone où la tête se rattache à la colonne vertébrale. La première vertèbre, appelée l’atlas, ainsi que la deuxième vertèbre, ont une structure unique et peuvent se désaligner dans plusieurs directions.
La NUCCA se concentre sur la mesure très précise de ce désalignement à l’aide de radiographies, puis sur sa correction afin de rétablir l’alignement naturel.
Dr Hassik : Un désalignement peut affecter la formation réticulée du tronc cérébral, ce qui influence les muscles posturaux et la santé globale.
Nous évaluons la posture et l’inégalité de longueur des jambes pour détecter la présence du complexe de subluxation de l’atlas. Sa correction peut stabiliser la posture pendant de longues périodes et réduire la dépendance aux traitements fréquents.
Matthew : Donc, en résumé, vous remettez la tête « droite »?
Dr Hassik : Exactement. La NUCCA utilise un ajustement manuel très doux appelé le triceps pull, guidé par des mesures précises obtenues par radiographie.
Il n’y a ni craquement, ni rotation, ni force élevée — c’est extrêmement doux, comparable à la sensation lorsqu’on vous prend le pouls.
Matthew : Comment ce désalignement se produit-il?
Dr Hassik : À la suite d’événements de la vie comme des chutes, des blessures sportives ou des commotions cérébrales. Même des commotions légères peuvent désaligner la région cervicale supérieure et entraîner des effets à long terme.
Dr Hassik : Dans une étude sur les migraines, plusieurs patients ayant des antécédents de commotion cérébrale ou de coup de fouet cervical ont constaté des améliorations après une correction NUCCA.
Cela a contribué à optimiser la posture et pourrait avoir une influence positive sur la circulation du liquide céphalorachidien (LCR) et du sang, ce qui peut réduire l’inflammation au niveau du cerveau.
Matthew : Pourquoi la santé cervicale supérieure est-elle si importante pour les personnes atteintes de la SP?
Dr Hassik : Un désalignement peut nuire à la circulation du sang et du liquide céphalorachidien. La NUCCA peut améliorer la posture et potentiellement optimiser cette circulation, ce qui peut soutenir la santé globale du cerveau.
Cela dit, les facteurs liés au mode de vie — hydratation, repos, alimentation, mouvement — sont tout aussi essentiels.
Dr Hassik : La guérison est un parcours, pas une destination. Les patients qui s’engagent dans la correction posturale, les changements de mode de vie, des activités porteuses de sens et un repos adéquat obtiennent les meilleurs résultats.
L’alignement fournit une base solide, mais le rétablissement dépend aussi des habitudes quotidiennes.
Matthew : Comment quelqu’un peut-il commencer avec la NUCCA?
Dr Hassik : Le point de départ est le site nucca.org, où l’on peut trouver un praticien certifié. Tout le monde n’est pas nécessairement candidat — une évaluation initiale permet de déterminer si des radiographies et des ajustements sont indiqués.
Matthew : À quel moment devrait-on se faire évaluer après une blessure à la tête?
Dr Hassik : Cela dépend de la gravité. Les commotions légères devraient être évaluées rapidement afin de limiter les réponses inflammatoires. En cas de traumatisme plus sévère, il peut être préférable d’attendre un court laps de temps pour permettre au corps de se stabiliser.
Dr Hassik : La santé est dynamique. Une véritable récupération exige un engagement quotidien — hydratation, repos, mouvement, alimentation et implication dans des activités significatives. La force réside dans la capacité à traverser et à surmonter les défis de la vie tout en prenant soin de toutes les dimensions de soi.